Merci à Javin Mo of Milkxhake pour l’interview, et son livre New Graphic Design In China et remerciements particuliers à Verena Dauerer pour l’autorisation de traduction de son article sur Ping Mag : New Graphic Design in China
Avec les jeux Olympiques qui approchent et les expositions sur l’art chinois, on se demande une fois encore :
Que se passe-il exactement en Chine, dans ce pays ou le graphisme et l’illustration étaient surtout utilisés pour la propagande, il ya tout juste une décennie ? Et, plus important encore, ou est il possible d’y voir l’activité bouillonnante et si caractéristique du monde du graphisme ? Jusqu’a maintenant, il était possible de suivre les designers à travers leurs blogs et galeries en ligne. On peut aussi les suivre a travers les livres, comme le passionnant ‘New photography in China‘. Aujourd’hui, la maison d’édition 3030 remet ça et nous sort un livre intitulé ‘le nouveau graphisme en Chine‘. L’édituer Javin Mo de Milkxhake a sélectionné 30 graphistes chinois de la génération X.
Les ados Chinois utilisent Flickr et les autres réseaux sociaux sans compter, pour montrer leur travail. Mais comment les gens font pour détecter les designers montants de demain ? Ou en d’autres termes, comment avez vous trouvé les designers de ce bookin ?
Il y a le magazine pékinois Art&Design, qui est très connu, et un autre de Canton, Design 360°. Je connais une des rédactrices en chef de Art&Design et elle m’a recommandé quelques uns de ces jeunes talents. Par exemple, vous trouverez dans le livre un type qui vient de Canton, Bai Ganggang, qui fait son propre label de disques, Vowelmusic. Etre producteur de musique au milieu de sa vingtaine, c’est déjà le signe d’une vraie énergie de la scène underground en Chine…



Création de Bai Ganggang pour son label de disques, Vowelmusic
Qu’on aime toujours suivre avec intérêt ! Ou se situe les capitales ‘créatives’ dans le domaine du graphisme et de l’illustration ? A Hong Kong, l’histoire du graphisme a commencé seulement dans les années 70. En Chine populaire, il y a à peine 10-15 ans, pas plus. Et les 7 dernières années, j’ai pu voir de nombreux projets intéressants, mis en ligne par cette jeune génération de designers. J’ai pu voir beaucoup de liberté dans les espaces comme Shanghai et Pékin, parce que l’art contemporain s’y développe aussi de manière complètement folle là-bas. Ces deux zones actives ont su créer une bonne atmosphère pour le graphisme. Les ados peuvent trouver des magazines pour proposer leur illustrations, des clients plus ouverts aux arts, et également au design produit. C’est encore assez jeune, donc déjà différent de ce que l’on trouve à Hong Kong, ou c’est deja bien commercial: notre espace artistique n’est pas plus grand que celui de la Chine d’aujourd’hui. C’est pour cela que peu de designers peuvent créer et vivre de leur créations…
C’est lié a l’histoire économique de Hong Kong. Sinon, On pourrait citer une phrase de Wendy Siuyi Wong, qui écrivait dans son essai ‘Detachement et unification : Chinese Graphic Design‘ qu’il y avait un mouvement unique en son genre dans les années 60 a Hong Kong, jusqu’a ce que les sociétés américaines s’implantent, et fait y jaillir une sorte de design culturel croisé. Je suppose que Hong Kong reste toujours différent de ce l’on y trouve en Chine ? … L’histoire du design s’est déjà étendu, l’age d’or du graphisme Hong-Kongais se situait donc dans la fin des années 80 et le début des années 90. Beaucoup de jeunes se sont lancés dans leur propre entreprise, et ont fait sortir leur créations de Hong Kong, sur un plan plus international. Après la crise asiatique de 1997, l’industrie du graphisme et du design a du s’adapter et le graphisme a but plus lucratif a commencé à se généraliser.
Je vois. Ya il des espaces non commerciaux à Hong Kong d’où les artistes peuvent montrer leurs travaux ? Nous avons beaucoup de galeries qui fonctionnent comme des salles de ventes. Mais il se trouve que certains événements y sont intéressants, comme le festival d’art numériques Microwave, pour lequel je travail. C’est une équipe de jeunes très motivés, avec qui je prévois une exposition qui s’appelle “Act Local” qu’on organise avec l’UVA, et une artiste locale.
Retournons au sujet de votre lire. Lorsque l’on tourne les pages, on n’y trouve plus vraiment ce que l’on connaissait du style Chinois, si caractéristique. Cela dépend-il des différents enseignements apportés à l’école ? D’abord, en Chine, il ya des statistiques très intéressantes sur le graphisme et les étudiants. Il y a 20 fois a 30 fois plus d’étudiants en design, et cela continue a augmenter. Cette situation est loin d’être saine, car au final, tous trouveront quand même du travail. Par rapport aux autres écoles, le CAFA de Beijing possède encore une manière différente d’enseigner.
De quelle manière ? Ils sont connus pour les beaux arts, et ont commencé avec un diplôme de graphisme il y a 7 ans seulement. Depuis, on a vu surgir d’autres cursus avec le design produit, le webdesign. On voyant leur travail dans les catalogues des jeunes diplômés, on y voit de beaux travaux, ou l’on sent une maitrise conceptuelle par rapport aux autres écoles.
Parles-nous de ces jeunes diplômés ! Par exemple, le MEWE Design Alliance. Ils ont pratiquement le même age que moi et sont tous de bons amis. Dans leurs travaux, ils ont approche très spécifique et leurs livres en témoignent jusqu’à leur conception. On peut dire qu’il viennent de Chine, à leur reliure, au papier, aux effets d’impression …
C’est à dire ? Prends par exemple le cas de leur oeuvre de la boite du Heilongjiang, réalisée par Qiu Xiaofei. Cette boite est réellement d’un style chinois très ancien. Lorsque tu te trouves dans une veille librairie à Pékin, et que tu t’en achètes une, on te remet une facture et un reçu. Ces manières de fournir des reçus aux clients est typiquement chinoise. MEWE est très intéressé par ce genre de concept et se passionne beaucoup a le traiter sous un angle contemporain.
Quelles autres traditions chinoises influencent toujours le graphisme ? C’est assez varié. On a par exemple la couverture de notre livre qui représente le travail de Li Xinlu, une graphiste que j’ai rencontré l’année dernière. Elle a le même style de coiffure que son animation ‘lightning babes’ ! On peut dire, par son style, qu’elle est influencée par les anciennes illustrations, caractéristiques, faites de lignes simples et de couleurs très brillantes. Beaucoup de jeunes talents s’inspirent également de l’occident et du Japon.

‘lightning babes’ de Li Xinlu
En parlant d’influences, Shanghai, du fait de son caractère international et ouvert, a toujours été une capitale du graphisme dans les années 20 et 30. Plus tard, dans les années 50/60, et pendant la période de la révolution culturelle, il y avait peu d’œuvres originales à part dans la propagande politique. Tout est reparti à zéro en 70 et 80 ? Oui, et en seulement 10 ans ! Les jeunes nés a la fin des années 70 et pendant les années 80, comme moi, on été fortement influencés par l’occident. Auparavant, il était difficile d’importer des livres de graphismes. J’ai discuté avec un designer de Shenzhen, qui reconnait qu’il existe aujourd’hui une forte communauté dans sa ville. Auparavant, il était difficile de lire l’anglais et à chaque fois qu’ils se procuraient un ouvrage, il fallait d’abord le traduire en anglais…
Les magazines comme Idea par exemple ? En réalité, le magazine italien Duomo est traduit en chinois, le magazine Frame également.
Quel blogs/sites chinois veux-tu nous recommander ? Un blog du sud de la Chine (Shenzhen) intitulé ad110.com qui se focalise sur toute l’actualité du design graphique et industriel. chinavisual.com est un autre site, consacré aux news et un forum. Le nombre de blogs est assez immense, la plupart proviennent des écoles de design elles-mêmes. Et bien sur, le site de Get it Louder. C’est dommage que nous autres designers à Hong Kong n’avons pas de grande communauté sur le web.
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Un commentaire 1 条评论
L’interview est très intéressante. Je fais justement un master sur le graphisme en Chine (plus spécifiquement les 美术字) et j’essaye d’aborder toutes ces questions, pas facile de France où l’intérêt pour la chose est tout juste naissant!
Peut-on trouver cet ouvrage à Paris? Sinon, je conseille aussi le numéro d’étapes graphiques de mai 2004, avec un dossier spécial sur le graphisme chinois, il y a aussi des interviews de graphistes (Jiang Hua, Han Jiaying, Shen Haopeng…).
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